Pardon

Faire son deuil, c’est savoir se pardonner. Partout, on peut lire que la dernière étape du deuil c’est l’acceptation. Accepter la situation débute au moment même où l’on arrête de se poser des questions sur cette mort que l’on ne comprend pas. Cela ne sert à rien, les questions sont vides de sens, comme la mort n’a pas de sens car nous ne voulons pas qu’elle en est un. Accepter c’est se dire que cette mort est justifiée. C’est bien beau de l’écrire, mais comment l’accepter concrètement ? Comment accepter que son enfant puisse partir avant soi ? C’est si difficile…

Je crois d’abord, qu’il faut trouver une réponse qui nous apaise à cette question que l’on se pose tous : pourquoi ? Parce que la mort n’est pas une fin, c’est le début d’une autre vie. Parce que la vie existe car la mort existe. Parce que la vie est faite de toutes ces contradictions. Parce que de toute façon, je n’aurais rien pu faire, parce que la mort est une fatalité qu’il faut accepter.

Puis, vient la fameuse question : pourquoi moi ? Qu’ai-je fait pour subir cela ? On a tous quelque chose à se reprocher, alors quand la mort arrive dans notre vie, nous la prenons comme une punition. Mais un enfant n’est pas une punition, au contraire c’est une bénédiction, même s’il n’est pas physiquement avec nous. Ce moment n’est pas arrivé par hasard. Quel était le message derrière tout ça ? Peut-être apprendre à se dire pardon.

Pardon pour tout ce que j’ai fait auparavant et que je me reproche aujourd’hui. Pardon pour toute cette naïveté. Pardon de ne pas avoir vu à quel point la vie est précieuse. Pardon de ne pas avoir compris pourquoi tu étais parti, mon bébé. Pardon de pleurer encore aujourd’hui. Pardon d’avoir cru que cela était de ma faute. Pardon de ne pas avoir vraiment écouté ce que tu avais à me dire. Pardon d’avoir oublié mon optimisme. Pardon d’avoir perdu l’espoir. Pardon d’être tombée maintes et maintes fois. Pardon d’avoir fait du mal aux autres.

Eden, je sais que tu me pardonnes. Mais, moi arriverai-je à le faire ? Pardon de douter de moi.

Je pense qu’un deuil nous permet d’ouvrir les yeux. De voir le monde qui nous entoure autrement. De voir le verre à moitié plein et non à moitié vide. Alors, une fois que l’on s’est pardonné. Il faut savoir se remercier.

Merci, grâce à mes erreurs, j’ai appris. Merci de m’avoir apporté tant de sagesse. Merci de m’avoir montré à quel point la vie ne nous appartient pas, elle nous est donnée. Merci, j’ai compris pourquoi tu étais parti. Merci de me laisser pleurer encore, car après chaque larme je suis soulagée. Merci de m’avoir fait culpabiliser. Merci de m’avoir envoyé des messages. Merci de m’avoir fait prendre conscience qu’avant j’étais optimiste et que je voyais une lueur d’espoir même là où il n’y en avait pas. Merci de m’avoir aidée à me relever à chaque fois car aujourd’hui j’ai levé le voile sur la force qui est en moi. Merci de me pousser à faire le bien autour de moi.

Eden, pour cela je t’aime plus que tout. Merci de m’avoir dit pardon.

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Une réflexion sur “Pardon

  1. Pouvoir accepter que ce qui est arrivé n est pas de notre faute, ni la faute de personne.
    Accepter que la mort est une continuité et non une fin.
    Accepter qu on est en vie.
    Accepter qu on vit encore pour ce fils perdu, et qu on lui rend hommage dans la façon dont on vit. Dans notre amour pour lui.

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